Mesclun d’hiver

Quelle fraicheur, quel plaisir, quelles vitamines ce mesclun de février !

😁 Laitue, carde rouge, roquette, épinard, doucette, moutarde blanche, fanes de radis Daïkon… Pour réussir le mesclun d’hiver ici au jardin d’Yronde et Buron, voici quelques ingrédients.

👉 Laisser au potager les bisannuelles et vivaces en bonne place pour profiter des tendres repousses du printemps,

👉 avoir une serre – même petite- pour semer à l’automne des espèces et variétés adaptées aux jours courts et au froid auvergnat (!),

👉 couvrir les jeunes pousses lors des fortes gelées avec un voile de forçage, 👉 ne pas oublier d’arroser même en période froide,

👉 récolter en coupant toujours une partie seulement de la plante ou au-dessus du collet afin de favoriser une 2e voire une 3e récolte…

👉 et enfin avoir de la chance avec la météo ! Pas de gelées inférieures à -7 ° pour le moment, ça passe ! Ouf, on l’a bien mérité notre mesclun

😁Pour tout savoir sur le mesclun, le potager, le jardin, et pour aller vers plus d’autonomie alimentaire… offrez-vous la formation la formation Jardinage au naturel, du 20 au 24 juin 2022, il reste des places !

Petit abécédaire partiel et subjectif en guise de bilan 2021 du jardin d’Yronde & Buron

A

Aïe ! Qu’il se conserve mal, cet ail, cru 2021, comme ses confrères oignons qui n’aiment pas, non plus, ce temps long traînant son humidité au fil des mois. Je me promets de miser -aussi- sur une consommation en frais pour 2022. Il est, en cette mi-février, bien serré, sous la petite serre, et cette haute densité en ce lieu sec et chaud lui conviendra… soyons-en sûrs !

B

Black beauty : la reine des courgettes, rapide de croissance, croquante… on ne s’en lasserait presque pas ! Et avec le deuxième semis de juillet qui offre de belles perspectives de récoltes automnales, c’est l’opulence. Presque trop d’ailleurs en cette année de cucurbitacées : avec les 90 kg sur la balance, les courgettes, ben si en fait, on s’en lasse !

C

Cardes, poirées, blettes, bettes… c’est du pareil au même. Mais connaissez-vous ces deux variétés tout à fait originales ? La petite au feuillage serré vert intense, craquant : c’est Jessica. La grande au feuillage gaufré, et son vert paume remarqué : c’est Lucullus.  Savoureuses à découvrir !

D

Daïkon. Il est asiatique, il est blanc, il est doux, il est long et il pousse vite parce qu’à l’automne, sous la serre le sol est chaud. C’est une nouveauté au jardin, c’est le radis Daïkon !

E

Les échalotes grises, primeures au jardin…    Nous avons mangé les toutes premières en mars avant le grossissement des bulbes, ciselées dans les salades. Fraîcheur du printemps ! Pour cet usage, je les plante très serrées.

F

France bleu Pays d’Auvergne au jardin… pour parler de sol vivant ! Merci Christophe Noiseux pour cette « Balade dans le jardin pédagogique de Pierre Feltz à la découverte du sol ». A réécouter ici pendant 35 mn. https://www.francebleu.fr/emissions/le-reportage-h2o/pays-d-auvergne/le-reportage-h2o-482?fbclid=IwAR1klA1PANc2WfGeLknhvTlKafqGWsDst-VBEuNv8T2DCiEcs9bARpjGXKU

G

Grèce. Depuis que notre ami Jorgo est venu donner de précieux coups de main au jardin, nous cultivons deux variétés de légumes rapportées du pays. Une aubergine, et un melon. Curieusement, l’adaptation s’est faite à merveille : et voilà que ces deux Grecs dament le pion aux locaux : nos aubergines françaises, melons charentais ou petit gris de Rennes ne sont pas à la hauteur. Quelles sont ces variétés ? Impossible à savoir bien sûr, et impossible à retrouver… Alors, cette année, nous conservons précieusement cette semence, et allons peut-être bien construire un Parthénon au cœur de l’Auvergne, et célébrer les échanges entre les peuples et l’ouverture sans condition des frontières.

H

Début juin, naissances au jardin d’Yronde & Buron ! De jeunes hérissons se baladent bruyamment dans les allées… encore quelques limaces qui ne vont pas apprécier les déambulations nocturnes de cette petite famille !  Savez-vous où ils sont nés ? Dans la cabane à outils, joyeux bazar du jardinier, entre seaux et godets, grelinette et piquets. Toute cette paille, future litière des poules, a participé au confort des nouveau-nés. Quelques mois plus tard, en octobre, je trouvais au petit matin un adulte emprisonné dans une nasse à rat. Après une nuit à l’étroit, il fut libéré.

I

Inventaire ! Février, c’est le moment de sortir des boîtes précieuses, bien rangées au frais et au sec, les sachets de graines des années passées. Mais que faire des semences qui n’ont pu être semées ? Leur capacité germinative pouvant être très aléatoire, inutile de risquer des semis en place qui pourraient se faire attendre une fois en terre… et ne jamais lever ! Toutes ces graines de légumes dont les feuilles se consomment partiront en mélange dans un bocal.  Aux beaux jours, il sera tenté un semis de mesclun à forte densité en jardinière ou dans un coin de potager : laitue, fenouil aromatique, radis, épinard et cardes, cresson, persil, betterave et oignons, arroche, choux…. 

J

Jardin… ou courtil, clos, hortillonnage, closerie, jardinet, éden…. Ort ! C’est l’appellation du potager en occitan. Qui a valu le nom de chroniques sur le jardinage – L’ort de Pierre – que j’écris tous les ans pour Le Solide Almanach nourricier, un ouvrage collectif, fabriqué par l’ensemble des participants de l’Étonnant Festin : producteurs, cuisiniers, restaurateurs, mangeurs, mais aussi académicien, auteur, photographe, salmoniculteurs, botanistes, et plein d’autres « loustics, inébranlables mangeurs ». Trente-deux chroniques à retrouver sur Le Solide Almanach nourricier https://www.letonnantfestin.com/magasin/le-solide-almanach-nourricier-n2/

K

Kiwaï. Ils sont encore jeunes, plantés au pied de la haie sèche. Leur projet ? Habiller de vert cette barrière naturelle, lianes fructifères en belle saison. L’hiver, ils fanent, et nous rechargeons la haie des tailles et branches coupées ici, qui ne partiront pas en fumée.

L

Couvre-sol ou aérien, amoureux des arbres, des murs, des mésanges, des coccinelles et des abeilles : le lierre pourrait bien être classé au guide Michelin des amis du jardin. Il n’étouffe pas les arbres, n’a pas de suçoirs qui pompent la sève. Il se hisse vers la lumière, se fixe à son hôte sans le parasiter, reste au centre de l’arbre, dans le houppier, ne va pas conquérir l’extérieur, la couronne  -lieu de fabrication de la photosynthèse. Un arbre en bonne santé ne pâtit pas de sa présence.  Au jardin, ses feuilles protectrices plaquées contre le tronc offrent des cachettes aux insectes, au plus chaud de l’été comme en hiver. Ses fleurs d’octobre ravissent les butineurs heureux de cette manne automnale. Quant aux baies, elles forment une salade de fruits énergétique pour les oiseaux en demande à la fin de l’hiver.  Merci, lierre !

M

Mildiou. C’est l’année du mildiou ! Pauvre année pour les tomates ! Voilà une fin de saison inattendue en nos contrées où – habituellement – les automnes secs se succèdent et voient se prolonger au-delà de la Sainte Bertille les salades de Rose de Berne, Auriga, Tangerine… Qu’à cela ne tienne, tout n’est pas perdu ! Voilà une brouettée de tomates mal en point qui fera le bonheur des êtres du sol : bactéries, champignons et autres vont participer à la décomposition de cette matière organique, déposée en fine couche puis mélangée aux végétaux morts, secs et fins. Ce compostage de surface est tout aussi efficace pour nourrir sur place et sans effort un sol qui se prêtera bientôt aux plantations. En ce lieu viendra, pour complémenter le jeune verger, un Goumi du Japon. Miam !

N

Nielle. C’est une gracieuse messicole qui fût pourtant bannie des paysans d’autrefois, cette élégante s’installant vite dans les champs de blé. La chimie a eu raison de cette fleur… qui est maintenant en voie de raréfaction. La voici qui réapparaît sous un autre jour sur le territoire du SMVVA, le Syndicat Mixte des Vallées de la Veyre et de l’Auzon qui œuvre pour la réduction de l’utilisation des pesticides. Le SMVVA met à disposition des communes, pour leurs habitants, des sachets de graines de plantes sauvages et locales… dont notre belle Nielle des blés ! Une sélection rigoureuse de semences de plusieurs espèces de plantes sauvages locales sont proposées. Ces espèces ont été sélectionnées et collectées par le Conservatoire botanique national du Massif central pour un essai de mise en production ici au jardin d’Yronde et Buron. Puis les travailleurs de l’ESAT Les Cardamines (Veyre-Monton) reproduisent « en grand » ces semences, récoltent, trient … et mettent en sachets.  Des milliers de sachets de fleurs sauvages sont alors mis à disposition des habitants du territoire du SMVVA !

http://www.smvva.fr/actualit%C3%A9s/16-news-milieux-aquatiques/356-fonds-europ%C3%A9ens-semez-des-fleurs-sauvages-locales-2021

O

Orvet. S’il est un animal emblématique de notre jardin, c’est bien celui-ci. Il s’y plaît dans nos 3000 mètres carrés. Abris de paille, d’herbe, végétation touffue, fraicheur, soleil, espaces tranquilles et… nourriture à profusion !  Le couvert est mis, il n’y a plus qu’à choisir : limaces, araignées, cloportes et vers… Je crois bien qu’il n’est pas un jour de printemps où l’on ne se croise.

P

Panais, que nous dit ce Panais, récolté le 20 avril … et sa racine de 1 m de long !? Que nos légumes savent aller chercher l’eau très profondément dans le sol, assurément ! Qu’en jardinant avec un sol vivant, peu travaillé, mais richement nourri en compost, paillage et engrais verts, la terre reste accueillante, aérée et fertile ! Un merci à tous les micro-organismes du sol qui se chargent de ça ! Que même les hivers froids en Auvergne à 600m d’altitude, les légumes racines peuvent ne pas geler sous un bon paillage … Que la meilleure cave pour bien des légumes, c’est de les laisser en pleine terre (je n’ai pas de campagnols terrestres au jardin, amis jardiniers des montagnes auvergnates!;) Qu’il est juste temps en avril, de récolter les derniers légumes racines de la saison 2020… avant qu’ils ne montent à graines ! Que le Panais ! c’est bon !

Q

Quinoa. Savez-vous qu’il est tout à fait possible, au jardin, de cultiver cette chénopodiacée provenant des hauts plateaux andins ? Sa graine est riche en protéines, minéraux, antioxydants. Je conseille de démarrer la culture en godet, sous abri en avril, puis de transplanter après les dernières gelées. Un tuteurage peut être bienvenu, surtout si la variété choisie est haute et les panicules bien chargées en graines. La récolte et le battage sont faciles. Seul petit hic : trouver des variétés douces, pauvres en saponine…ou accepter de laver les petites graines 3 à 4 fois avant cuisson afin d’en enlever leur amertume.

R

Récolte d’octobre. La voici la désormais traditionnelle photo de la récolte d’octobre ! Bande de cucurbitacées !!

Je vous présente la famille ??

Green Hokkaido, ronde et petite, verte, rayée, un régal en potage, ses notes de châtaigne, juste un peu de sel,

Potiron du Pérou, le costaud de l’équipe, 32 kg la bête, rond comme un ballon, tout vert. Aussi savoureux que gros !

Table queen, petite, verte allongée et côtelée, oui, oui, c’est la reine de la table, cette exquise…

Cochiti pueblo la grande tranquille qui ne fait pas ses kilos, verte rayée de blanc, un peu tape-à-l’œil, mais on ne refait pas sa réputation, hein…

Potiron vert olive, plus classique, enfin les olives en Auvergne !

Futsu Black, prestidigitatrice, très côtelée et petite, aplatie, change de couleur avec le temps pour passer du noir à l’ocre. Régal.

Pleine de Naples : une bonne soixantaine de centimètres de long, joli diamètre, elle est lourde, dense, bien pleine : la courge des soirées entre amis !

Longue de Nice, la célèbre et si connue Longue de Nice, entre courgette et courge, une valeur sûre pour jardin facile

Ça en fait du monde.

S

Samedi sous les cerisiers. Voilà le rendez-vous désormais inévitable des artistes qui aiment s’exposer au jardin.  Peintures, sculptures, installations… Aux alentours de la fête de la musique, les ombres portées protègent les pique-niqueurs, nous flânons entre les sauges et le grand romarin… le jardin est animé, et pour une fois, au moins autant d’homo sapiens que de vers de terre au mètre carré. Mais chut ! Ici on ne croisera que furtivement les jardiniers, l’heure est à l’art, à l’apéro, au café : on est bien !

T

Turricule. Signifie « petite tour » en latin. Excréments que les vers de terre déposent à la surface du sol. On remarquera aisément que les turricules sont plus résistants à la pluie que la terre environnante en raison de leur richesse en micro-organisme et en matière organique. Cette particularité témoigne de la stabilité structurale, c’est-à-dire la  capacité à rester stable dans le temps, en particulier vis-à-vis de l’eau. Plus le sol du jardin est riche en matières organiques, plus on renforce ce caractère de stabilité, signe d’un jardin fertile, aéré, résistant aux perturbations. Voilà pourquoi nous pratiquons le paillage et les engrais verts au jardin d’Yronde et Buron, pourvoyeurs de matière organique pour le sol. Cette année, c’était foin, paille, broyat de bois pour les premiers, et pois, phacelie, moutarde, seigle pour les seconds. Le sol se régale !

U

Urticante. C’est l’ortie ! Connue pour ses mille vertus en cuisine et au jardin, nous l’aimons aussi pour ce qu’elle attire d’insectes, ces amis précieux du jardinier. Si nous pensons papillons, nous devons penser ortie ! Elle est plante hôte unique de la Carte géographique, du Paon-du-Jour, de la Petite Tortue, du Vulcain…, et une plante hôte parmi d’autres pour une vingtaine d’espèces, comme la Belle-Dame, le Robert-le-Diable et l’Ecaille chinée.

V

Vivant. Un jardin est en bonne santé… quand le sol est vivant ! Vivant ? Il faut donc inviter bactéries et champignons : ça tombe bien j’ai des tonnes de déchets verts !!

La microporosité du sol (tout petits espaces vides, ménagés entre les particules du sol), est le résultat du travail des bactéries et champignons.

Ces êtres vivants, lors du processus de dégradation des matières organiques, produisent une sorte de colle « organique » qui agrège les particules minérales pour former des micro-agrégats qui, à leur tour, vont former de plus grands agglomérats.

Ainsi, le sol prend cette structure de crumble ou couscous appelée structure grumeleuse par les agronomes. C’est elle qui est recherchée par les jardiniers, parce qu’elle apporte au sol de l’air mais permet également d’améliorer les propriétés et le fonctionnement hydrique des sols.


En effet, l’essentiel de l’eau du sol est stocké dans les petits canaux de ces agrégats. Ces petits canaux ne sont créés que par les êtres vivants. Les outils de travail du sol ne peuvent pas les créer et ne font que participer à leur destruction. Cette eau du sol, donc, se présente sous forme de films d’eau collée aux agrégats. Pour avoir une grande réserve en eau, il faut donc tout faire pour augmenter la microporosité.


Là encore… vive l’apport de matières organiques au sol, nourriture essentielle des bactéries et champignons !

N’oublions pas toutefois que ce sont bien les plantes vivantes (cultivées) les plus efficaces pour produire du carbone : elles fonctionnent comme des panneaux solaires qui transforment le gaz carbonique en carbone organique (sous forme de sucres plus ou moins complexes) qui va se déposer, sous forme liquide, au niveau des racines (les exsudats) pour former un humus très stable.


Pour résumer, la matière organique des sols (humus), de par sa composition, son organisation moléculaire et grâce au travail des êtres vivants du sol, va apporter de la stabilité à la structure du sol, augmentant ainsi le taux d’oxygène dans les espaces lacunaires (indispensable à la croissance des racines) et améliorant l’infiltration de l’eau et son stockage.

Je partage ici un extrait d’article que j’ai écrit pour la lettre du Réseau Compost Citoyen AURA

https://www.compostcitoyen-auvergne-rhonealpes.org/

voir aussi : https://reseaucompost.org/

W

Warfarine. Trouver un W dans le jardin c’est difficile ! Fort heureusement le Web me donne la solution : Warfarine, composé organique utilisé comme anticoagulant ou raticide. Quel rapport avec notre jardin ? Absolument aucun je vous rassure, pas de poison ici. Et j’ai placé le W.

X

Xylocope, la belle au reflet bleu ! C’est cette abeille charpentière connue de bien des fleurs, en particulier lavandes et gesses qu’elle affectionne. Ce gros insecte possède de solides mâchoires qui lui permettent de creuser le bois pour nidifier.  Que les charpentiers se rassurent toutefois, c’est le bois pourri qui a sa préférence.  Ici au jardin, nous lui offrons en guise de bienvenue quelques belles sauges sclarées : elle adore !

Y

Yèble (ou hièble)… c’est ce petit sureau qui prend vite son aise au jardin, plante herbacée qui « disparait » l’hiver pour repousser de plus belle au printemps, avec une belle propension à gagner du terrain année après année. Cette toxique à la forte odeur aime les sols riches et argileux : elle a ici tout ce qu’il lui faut. Ne dit-on pas en permaculture que le problème est la solution ? Voici l’usage que nous faisons du yèble : tondu au ras du sol durant l’été, il fournit un paillage des plus efficaces sous les légumes à fort espacement.

Z

Zizi. C’est bien son nom, le Bruant zizi. Printanier chanteur infatigable, il domine le jardin sur le buisson où s’entremêlent églantiers, prunelliers et ronces, juste à côté des toilettes sèches. Sentinelle, reviendrez-vous ce mois de mai ?