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Mesclun d’hiver

Quelle fraicheur, quel plaisir, quelles vitamines ce mesclun de février !

😁 Laitue, carde rouge, roquette, épinard, doucette, moutarde blanche, fanes de radis Daïkon… Pour réussir le mesclun d’hiver ici au jardin d’Yronde et Buron, voici quelques ingrédients.

👉 Laisser au potager les bisannuelles et vivaces en bonne place pour profiter des tendres repousses du printemps,

👉 avoir une serre – même petite- pour semer à l’automne des espèces et variétés adaptées aux jours courts et au froid auvergnat (!),

👉 couvrir les jeunes pousses lors des fortes gelées avec un voile de forçage, 👉 ne pas oublier d’arroser même en période froide,

👉 récolter en coupant toujours une partie seulement de la plante ou au-dessus du collet afin de favoriser une 2e voire une 3e récolte…

👉 et enfin avoir de la chance avec la météo ! Pas de gelées inférieures à -7 ° pour le moment, ça passe ! Ouf, on l’a bien mérité notre mesclun

😁Pour tout savoir sur le mesclun, le potager, le jardin, et pour aller vers plus d’autonomie alimentaire… offrez-vous la formation la formation Jardinage au naturel, du 20 au 24 juin 2022, il reste des places !

Petit abécédaire partiel et subjectif en guise de bilan 2021 du jardin d’Yronde & Buron

A

Aïe ! Qu’il se conserve mal, cet ail, cru 2021, comme ses confrères oignons qui n’aiment pas, non plus, ce temps long traînant son humidité au fil des mois. Je me promets de miser -aussi- sur une consommation en frais pour 2022. Il est, en cette mi-février, bien serré, sous la petite serre, et cette haute densité en ce lieu sec et chaud lui conviendra… soyons-en sûrs !

B

Black beauty : la reine des courgettes, rapide de croissance, croquante… on ne s’en lasserait presque pas ! Et avec le deuxième semis de juillet qui offre de belles perspectives de récoltes automnales, c’est l’opulence. Presque trop d’ailleurs en cette année de cucurbitacées : avec les 90 kg sur la balance, les courgettes, ben si en fait, on s’en lasse !

C

Cardes, poirées, blettes, bettes… c’est du pareil au même. Mais connaissez-vous ces deux variétés tout à fait originales ? La petite au feuillage serré vert intense, craquant : c’est Jessica. La grande au feuillage gaufré, et son vert paume remarqué : c’est Lucullus.  Savoureuses à découvrir !

D

Daïkon. Il est asiatique, il est blanc, il est doux, il est long et il pousse vite parce qu’à l’automne, sous la serre le sol est chaud. C’est une nouveauté au jardin, c’est le radis Daïkon !

E

Les échalotes grises, primeures au jardin…    Nous avons mangé les toutes premières en mars avant le grossissement des bulbes, ciselées dans les salades. Fraîcheur du printemps ! Pour cet usage, je les plante très serrées.

F

France bleu Pays d’Auvergne au jardin… pour parler de sol vivant ! Merci Christophe Noiseux pour cette « Balade dans le jardin pédagogique de Pierre Feltz à la découverte du sol ». A réécouter ici pendant 35 mn. https://www.francebleu.fr/emissions/le-reportage-h2o/pays-d-auvergne/le-reportage-h2o-482?fbclid=IwAR1klA1PANc2WfGeLknhvTlKafqGWsDst-VBEuNv8T2DCiEcs9bARpjGXKU

G

Grèce. Depuis que notre ami Jorgo est venu donner de précieux coups de main au jardin, nous cultivons deux variétés de légumes rapportées du pays. Une aubergine, et un melon. Curieusement, l’adaptation s’est faite à merveille : et voilà que ces deux Grecs dament le pion aux locaux : nos aubergines françaises, melons charentais ou petit gris de Rennes ne sont pas à la hauteur. Quelles sont ces variétés ? Impossible à savoir bien sûr, et impossible à retrouver… Alors, cette année, nous conservons précieusement cette semence, et allons peut-être bien construire un Parthénon au cœur de l’Auvergne, et célébrer les échanges entre les peuples et l’ouverture sans condition des frontières.

H

Début juin, naissances au jardin d’Yronde & Buron ! De jeunes hérissons se baladent bruyamment dans les allées… encore quelques limaces qui ne vont pas apprécier les déambulations nocturnes de cette petite famille !  Savez-vous où ils sont nés ? Dans la cabane à outils, joyeux bazar du jardinier, entre seaux et godets, grelinette et piquets. Toute cette paille, future litière des poules, a participé au confort des nouveau-nés. Quelques mois plus tard, en octobre, je trouvais au petit matin un adulte emprisonné dans une nasse à rat. Après une nuit à l’étroit, il fut libéré.

I

Inventaire ! Février, c’est le moment de sortir des boîtes précieuses, bien rangées au frais et au sec, les sachets de graines des années passées. Mais que faire des semences qui n’ont pu être semées ? Leur capacité germinative pouvant être très aléatoire, inutile de risquer des semis en place qui pourraient se faire attendre une fois en terre… et ne jamais lever ! Toutes ces graines de légumes dont les feuilles se consomment partiront en mélange dans un bocal.  Aux beaux jours, il sera tenté un semis de mesclun à forte densité en jardinière ou dans un coin de potager : laitue, fenouil aromatique, radis, épinard et cardes, cresson, persil, betterave et oignons, arroche, choux…. 

J

Jardin… ou courtil, clos, hortillonnage, closerie, jardinet, éden…. Ort ! C’est l’appellation du potager en occitan. Qui a valu le nom de chroniques sur le jardinage – L’ort de Pierre – que j’écris tous les ans pour Le Solide Almanach nourricier, un ouvrage collectif, fabriqué par l’ensemble des participants de l’Étonnant Festin : producteurs, cuisiniers, restaurateurs, mangeurs, mais aussi académicien, auteur, photographe, salmoniculteurs, botanistes, et plein d’autres « loustics, inébranlables mangeurs ». Trente-deux chroniques à retrouver sur Le Solide Almanach nourricier https://www.letonnantfestin.com/magasin/le-solide-almanach-nourricier-n2/

K

Kiwaï. Ils sont encore jeunes, plantés au pied de la haie sèche. Leur projet ? Habiller de vert cette barrière naturelle, lianes fructifères en belle saison. L’hiver, ils fanent, et nous rechargeons la haie des tailles et branches coupées ici, qui ne partiront pas en fumée.

L

Couvre-sol ou aérien, amoureux des arbres, des murs, des mésanges, des coccinelles et des abeilles : le lierre pourrait bien être classé au guide Michelin des amis du jardin. Il n’étouffe pas les arbres, n’a pas de suçoirs qui pompent la sève. Il se hisse vers la lumière, se fixe à son hôte sans le parasiter, reste au centre de l’arbre, dans le houppier, ne va pas conquérir l’extérieur, la couronne  -lieu de fabrication de la photosynthèse. Un arbre en bonne santé ne pâtit pas de sa présence.  Au jardin, ses feuilles protectrices plaquées contre le tronc offrent des cachettes aux insectes, au plus chaud de l’été comme en hiver. Ses fleurs d’octobre ravissent les butineurs heureux de cette manne automnale. Quant aux baies, elles forment une salade de fruits énergétique pour les oiseaux en demande à la fin de l’hiver.  Merci, lierre !

M

Mildiou. C’est l’année du mildiou ! Pauvre année pour les tomates ! Voilà une fin de saison inattendue en nos contrées où – habituellement – les automnes secs se succèdent et voient se prolonger au-delà de la Sainte Bertille les salades de Rose de Berne, Auriga, Tangerine… Qu’à cela ne tienne, tout n’est pas perdu ! Voilà une brouettée de tomates mal en point qui fera le bonheur des êtres du sol : bactéries, champignons et autres vont participer à la décomposition de cette matière organique, déposée en fine couche puis mélangée aux végétaux morts, secs et fins. Ce compostage de surface est tout aussi efficace pour nourrir sur place et sans effort un sol qui se prêtera bientôt aux plantations. En ce lieu viendra, pour complémenter le jeune verger, un Goumi du Japon. Miam !

N

Nielle. C’est une gracieuse messicole qui fût pourtant bannie des paysans d’autrefois, cette élégante s’installant vite dans les champs de blé. La chimie a eu raison de cette fleur… qui est maintenant en voie de raréfaction. La voici qui réapparaît sous un autre jour sur le territoire du SMVVA, le Syndicat Mixte des Vallées de la Veyre et de l’Auzon qui œuvre pour la réduction de l’utilisation des pesticides. Le SMVVA met à disposition des communes, pour leurs habitants, des sachets de graines de plantes sauvages et locales… dont notre belle Nielle des blés ! Une sélection rigoureuse de semences de plusieurs espèces de plantes sauvages locales sont proposées. Ces espèces ont été sélectionnées et collectées par le Conservatoire botanique national du Massif central pour un essai de mise en production ici au jardin d’Yronde et Buron. Puis les travailleurs de l’ESAT Les Cardamines (Veyre-Monton) reproduisent « en grand » ces semences, récoltent, trient … et mettent en sachets.  Des milliers de sachets de fleurs sauvages sont alors mis à disposition des habitants du territoire du SMVVA !

http://www.smvva.fr/actualit%C3%A9s/16-news-milieux-aquatiques/356-fonds-europ%C3%A9ens-semez-des-fleurs-sauvages-locales-2021

O

Orvet. S’il est un animal emblématique de notre jardin, c’est bien celui-ci. Il s’y plaît dans nos 3000 mètres carrés. Abris de paille, d’herbe, végétation touffue, fraicheur, soleil, espaces tranquilles et… nourriture à profusion !  Le couvert est mis, il n’y a plus qu’à choisir : limaces, araignées, cloportes et vers… Je crois bien qu’il n’est pas un jour de printemps où l’on ne se croise.

P

Panais, que nous dit ce Panais, récolté le 20 avril … et sa racine de 1 m de long !? Que nos légumes savent aller chercher l’eau très profondément dans le sol, assurément ! Qu’en jardinant avec un sol vivant, peu travaillé, mais richement nourri en compost, paillage et engrais verts, la terre reste accueillante, aérée et fertile ! Un merci à tous les micro-organismes du sol qui se chargent de ça ! Que même les hivers froids en Auvergne à 600m d’altitude, les légumes racines peuvent ne pas geler sous un bon paillage … Que la meilleure cave pour bien des légumes, c’est de les laisser en pleine terre (je n’ai pas de campagnols terrestres au jardin, amis jardiniers des montagnes auvergnates!;) Qu’il est juste temps en avril, de récolter les derniers légumes racines de la saison 2020… avant qu’ils ne montent à graines ! Que le Panais ! c’est bon !

Q

Quinoa. Savez-vous qu’il est tout à fait possible, au jardin, de cultiver cette chénopodiacée provenant des hauts plateaux andins ? Sa graine est riche en protéines, minéraux, antioxydants. Je conseille de démarrer la culture en godet, sous abri en avril, puis de transplanter après les dernières gelées. Un tuteurage peut être bienvenu, surtout si la variété choisie est haute et les panicules bien chargées en graines. La récolte et le battage sont faciles. Seul petit hic : trouver des variétés douces, pauvres en saponine…ou accepter de laver les petites graines 3 à 4 fois avant cuisson afin d’en enlever leur amertume.

R

Récolte d’octobre. La voici la désormais traditionnelle photo de la récolte d’octobre ! Bande de cucurbitacées !!

Je vous présente la famille ??

Green Hokkaido, ronde et petite, verte, rayée, un régal en potage, ses notes de châtaigne, juste un peu de sel,

Potiron du Pérou, le costaud de l’équipe, 32 kg la bête, rond comme un ballon, tout vert. Aussi savoureux que gros !

Table queen, petite, verte allongée et côtelée, oui, oui, c’est la reine de la table, cette exquise…

Cochiti pueblo la grande tranquille qui ne fait pas ses kilos, verte rayée de blanc, un peu tape-à-l’œil, mais on ne refait pas sa réputation, hein…

Potiron vert olive, plus classique, enfin les olives en Auvergne !

Futsu Black, prestidigitatrice, très côtelée et petite, aplatie, change de couleur avec le temps pour passer du noir à l’ocre. Régal.

Pleine de Naples : une bonne soixantaine de centimètres de long, joli diamètre, elle est lourde, dense, bien pleine : la courge des soirées entre amis !

Longue de Nice, la célèbre et si connue Longue de Nice, entre courgette et courge, une valeur sûre pour jardin facile

Ça en fait du monde.

S

Samedi sous les cerisiers. Voilà le rendez-vous désormais inévitable des artistes qui aiment s’exposer au jardin.  Peintures, sculptures, installations… Aux alentours de la fête de la musique, les ombres portées protègent les pique-niqueurs, nous flânons entre les sauges et le grand romarin… le jardin est animé, et pour une fois, au moins autant d’homo sapiens que de vers de terre au mètre carré. Mais chut ! Ici on ne croisera que furtivement les jardiniers, l’heure est à l’art, à l’apéro, au café : on est bien !

T

Turricule. Signifie « petite tour » en latin. Excréments que les vers de terre déposent à la surface du sol. On remarquera aisément que les turricules sont plus résistants à la pluie que la terre environnante en raison de leur richesse en micro-organisme et en matière organique. Cette particularité témoigne de la stabilité structurale, c’est-à-dire la  capacité à rester stable dans le temps, en particulier vis-à-vis de l’eau. Plus le sol du jardin est riche en matières organiques, plus on renforce ce caractère de stabilité, signe d’un jardin fertile, aéré, résistant aux perturbations. Voilà pourquoi nous pratiquons le paillage et les engrais verts au jardin d’Yronde et Buron, pourvoyeurs de matière organique pour le sol. Cette année, c’était foin, paille, broyat de bois pour les premiers, et pois, phacelie, moutarde, seigle pour les seconds. Le sol se régale !

U

Urticante. C’est l’ortie ! Connue pour ses mille vertus en cuisine et au jardin, nous l’aimons aussi pour ce qu’elle attire d’insectes, ces amis précieux du jardinier. Si nous pensons papillons, nous devons penser ortie ! Elle est plante hôte unique de la Carte géographique, du Paon-du-Jour, de la Petite Tortue, du Vulcain…, et une plante hôte parmi d’autres pour une vingtaine d’espèces, comme la Belle-Dame, le Robert-le-Diable et l’Ecaille chinée.

V

Vivant. Un jardin est en bonne santé… quand le sol est vivant ! Vivant ? Il faut donc inviter bactéries et champignons : ça tombe bien j’ai des tonnes de déchets verts !!

La microporosité du sol (tout petits espaces vides, ménagés entre les particules du sol), est le résultat du travail des bactéries et champignons.

Ces êtres vivants, lors du processus de dégradation des matières organiques, produisent une sorte de colle « organique » qui agrège les particules minérales pour former des micro-agrégats qui, à leur tour, vont former de plus grands agglomérats.

Ainsi, le sol prend cette structure de crumble ou couscous appelée structure grumeleuse par les agronomes. C’est elle qui est recherchée par les jardiniers, parce qu’elle apporte au sol de l’air mais permet également d’améliorer les propriétés et le fonctionnement hydrique des sols.


En effet, l’essentiel de l’eau du sol est stocké dans les petits canaux de ces agrégats. Ces petits canaux ne sont créés que par les êtres vivants. Les outils de travail du sol ne peuvent pas les créer et ne font que participer à leur destruction. Cette eau du sol, donc, se présente sous forme de films d’eau collée aux agrégats. Pour avoir une grande réserve en eau, il faut donc tout faire pour augmenter la microporosité.


Là encore… vive l’apport de matières organiques au sol, nourriture essentielle des bactéries et champignons !

N’oublions pas toutefois que ce sont bien les plantes vivantes (cultivées) les plus efficaces pour produire du carbone : elles fonctionnent comme des panneaux solaires qui transforment le gaz carbonique en carbone organique (sous forme de sucres plus ou moins complexes) qui va se déposer, sous forme liquide, au niveau des racines (les exsudats) pour former un humus très stable.


Pour résumer, la matière organique des sols (humus), de par sa composition, son organisation moléculaire et grâce au travail des êtres vivants du sol, va apporter de la stabilité à la structure du sol, augmentant ainsi le taux d’oxygène dans les espaces lacunaires (indispensable à la croissance des racines) et améliorant l’infiltration de l’eau et son stockage.

Je partage ici un extrait d’article que j’ai écrit pour la lettre du Réseau Compost Citoyen AURA

https://www.compostcitoyen-auvergne-rhonealpes.org/

voir aussi : https://reseaucompost.org/

W

Warfarine. Trouver un W dans le jardin c’est difficile ! Fort heureusement le Web me donne la solution : Warfarine, composé organique utilisé comme anticoagulant ou raticide. Quel rapport avec notre jardin ? Absolument aucun je vous rassure, pas de poison ici. Et j’ai placé le W.

X

Xylocope, la belle au reflet bleu ! C’est cette abeille charpentière connue de bien des fleurs, en particulier lavandes et gesses qu’elle affectionne. Ce gros insecte possède de solides mâchoires qui lui permettent de creuser le bois pour nidifier.  Que les charpentiers se rassurent toutefois, c’est le bois pourri qui a sa préférence.  Ici au jardin, nous lui offrons en guise de bienvenue quelques belles sauges sclarées : elle adore !

Y

Yèble (ou hièble)… c’est ce petit sureau qui prend vite son aise au jardin, plante herbacée qui « disparait » l’hiver pour repousser de plus belle au printemps, avec une belle propension à gagner du terrain année après année. Cette toxique à la forte odeur aime les sols riches et argileux : elle a ici tout ce qu’il lui faut. Ne dit-on pas en permaculture que le problème est la solution ? Voici l’usage que nous faisons du yèble : tondu au ras du sol durant l’été, il fournit un paillage des plus efficaces sous les légumes à fort espacement.

Z

Zizi. C’est bien son nom, le Bruant zizi. Printanier chanteur infatigable, il domine le jardin sur le buisson où s’entremêlent églantiers, prunelliers et ronces, juste à côté des toilettes sèches. Sentinelle, reviendrez-vous ce mois de mai ?

Compost des toilettes sèches au jardin : une bonne alternative au terreau du commerce !

novembre 2021

Au jardin à Yronde & Buron, nous produisons environ 1.5 à 2 m3 de compost mûr de toilettes sèches par an.
Il s’agit de compost provenant de toilette à litière biomaitrisée sans séparation des urines.
La litière est composée de sciure plus ou moins fine, dont l’approvisionnement est local (menuisier à 5 km).

Les apports (seau de 30 litres, rempli entre 75 et 100 %) sont réalisés 2 à 3 fois par semaine dans des composteurs en bois. En phase de décomposition, le compost est mélangé régulièrement (tous les 2 – 3 apports) en surface dans les 40 premiers centimètres. L’eau de rinçage du seau (2-3 litres) est vidée dans le composteur.

Nous pouvons occasionnellement, en période sèche, arroser modérément le compost. En phase de maturation, nous pratiquons 2 à 3 retournements durant le cycle du compost. Celui-ci murît d’abord en composteur, puis, afin de libérer de la place en andain de 40 à 60 cm de haut et de 1 m à 1.20 m de base, bien protégé par un paillage (foin, paille, feuilles sèches).

Auparavant, nous utilisions ce compost après un an de maturation : cette durée n’est pas officiellement recommandée, même si, avec une bonne maîtrise du processus, le compost produit est de qualité et sans risque sanitaire (voir Étude Gestion des sous-produits de toilettes sèches familiales : étude sur le traitement des matières par compostage).

Nous réservions ce compost à tout espace du jardin dont les zones de production (potager, petits fruits). L’intérêt dans son utilisation résidait dans sa facilité d’usage : c’est un compost très fin, qui s’épand et s’intègre facilement y compris sur des espaces enherbés, comme par exemple sous les arbres fruitiers : sa forme pulvérulente lui permet de traverser le couvert végétal et de s’intégrer au sol facilement. Sous les actinidias, il était parfait !

Depuis deux ans maintenant nous le réservons à un autre usage : il sert de terreau de semis et de plantation aux légumes du jardin. Il devient ainsi une excellente alternative au terreau (composé de tourbe !) acheté dans le commerce. Nous n’en sommes qu’aux essais, mais ceux-ci paraissent prometteurs !

Voici les premiers enseignements tirés de ces essais :

1/ le composts de TS doit être très mûr : entre 18 et 24 mois de maturation afin de présenter une texture fine et régulière, sans présence d’éléments non décomposés. Il ressemble à un terreau du commerce, très fin.
Il ne nous paraît pas utile, à ce stade, de le tamiser.

2/ il s’utilise pur, sans mélange ; sa structure le permet ! Les apports conséquents de sciure en font une matière très structurante et absorbante, bonne alternative, semblerait-il à la tourbe. Ce substrat ne se rétracte pas dans le temps (contrairement à un compost de déchets de cuisine et de table). Il conserve relativement bien l’eau.

3/ c’est un terreau riche en éléments fertilisants… mais pas trop ! Les essais de semis et plantation ont été réalisés sur des poivrons, aubergines, choux et tomates. Que ce soit pour le semis ou le repiquage, les résultats sont très satisfaisants : bonne levée, croissance régulière, très bon développement racinaire et foliaire… Voir Photos.

4/ la levée de graines « adventices » est réelle dans ce terreau, mais  – nous semble-t-il, moins importante que dans un autre type de compost. De fait, la germination des semences n’est pas trop concurrencée par cette levée possible. Par prudence, nous conseillons de ne pas l’utiliser pour des graines à germination très lente, comme certaines fleurs, poireaux afin d’avitere de « perdre » le plantule au milieu d’autres pousses. Ce terreau convient pour la plupart des espèces potagères (choux, laitue, tomates, poivrons, poirée, etc.).

Toutes ces observations restent encore à consolider, et c’est ce que nous allons faire dans les années à venir… mais une chose est sûre en ce qui concerne le jardin d’Yronde et Buron : le compost de toilettes sèches sera désormais utilisé comme alternative au terreau industriel, consommateur de tourbe !  

Un jardin est en bonne santé… quand le sol est vivant !

Vivant ? Il faut donc inviter bactéries et champignons : ça tombe bien j’ai des tonnes de déchets verts !!

La microporosité du sol (tout petit espaces vides, ménagés entre les particules du sol), est le résultat du travail des bactéries et champignons.

Ces êtres vivants, lors du processus de dégradation des matières organiques, produisent une sorte de colle « organique » qui agrège les particules minérales pour former des micro-agrégats qui, à leur tour, vont former de plus grands agglomérats.

Ainsi, le sol prend cette structure de crumble ou couscous appelée structure grumeleuse par les agronomes. C’est elle qui est recherchée par les jardiniers, parce qu’elle apporte au sol de l’air mais permet également d’améliorer les propriétés et le fonctionnement hydrique des sols.


En effet, l’essentiel de l’eau du sol est stocké dans les petits canaux de ces agrégats. Ces petits canaux ne sont créés que par les êtres vivants. Les outils de travail du sol ne peuvent pas les créer et ne font que participer à leur destruction. Cette eau du sol, donc, se présente sous forme de films d’eau collées aux agrégats. Pour avoir une grande réserve en eau, il faut donc tout faire pour augmenter la microporosité.


Là encore… vive l’apport de matières organiques au sol, nourriture essentielle des bactéries et champignons !

N’oublions pas toutefois que ce sont bien les plantes vivantes (cultivées) les plus efficaces pour produire du carbone : elles fonctionnent comme des panneaux solaires qui transforment le gaz carbonique en carbone organique (sous forme de sucres plus ou moins complexes) qui va se déposer, sous forme liquide, au niveau des racines (les exsudats) pour former un humus très stable.


Pour résumer, la matière organique des sols (humus), de par sa composition, son organisation moléculaire et grâce au travail des êtres vivants du sol, va apporter de la stabilité à la structure du sol, augmentant ainsi le taux d’oxygène dans les espaces lacunaires (indispensable à la croissance des racines) et améliorant l’infiltration de l’eau et son stockage.

Déchets verts vraiment ? et les bénéfices pour la biodiversité au jardin alors ??

Ça n’est plus à démontrer maintenant : plus un système est riche et complexe, plus il est stable, résistant aux perturbations extérieures, avec cette capacité à régir positivement aux « agressions », à se reconstruire rapidement. C’est la résilience, mot à la mode ! La résilience écologique est la capacité d’un système vivant (écosystème) à retrouver les structures et les fonctions de son état de référence après une perturbation. (Wikipédia)

La complexité et la richesse d’un agrosystème (jardin, champs cultivé) c’est quoi ? C’est la diversité des formes de vie, la multiplicité des espèces animales et végétales présentes dans le milieu, la multitude des interactions entre elles avec leur milieu de vie, la richesse de ces milieux, abris, caches, gîtes et repaires.

La recette au jardin ? Accueillir la vie, nourrir, héberger tous les êtres vivants, sans distinction aucune : de l’orvet aux chauves-souris, des abeilles solitaires aux punaises prédatrices, des forficules au crapaud commun en passant par les guêpes parasitoïdes et la mésange charbonnière.

En cela, la matière organique que nous avons à disposition, ces « déchets verts » vont être bien utiles.

Tas de branches,

fagots de tiges creuses,

haies sèches et fagotières,

… mais aussi allées de broyat, herbes sèches ou tas de feuilles laissées sous la haie : voici de quoi ravir pléthores d’êtres vivants qui prendront cette matière comme caches et demeures mais aussi comme support de pontes, espaces de rendez-vous amoureux, lieu d’hivernage ou d’estivation, garde-manger …

En formation Guide composteur…

Formation Guide composteur avec Inserfac Ebe , … 2e journée !! Du terrain en passant par les composteurs partagés suivis par Communauté de Communes Thiers Dore et Montagne, visites des jardins partagés de la Ville de Thiers… travaux en groupes, mises en situations professionnelles, témoignages et partages d’expériences

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… Nous sommes sur le programme Organicité du VALTOM Local Poubelle … et on se retrouve dans un mois pour la suite de la formation … bon compost d’ici là !

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Aujourd’hui au jardin : la mort des pucerons

Ils étaient des centaines à sucer la sève sucrée des choux Kale Red Russian, depuis des semaines.
Nous, jardiniers, on se fiche bien de ce prélèvement qui arrive en année 2. Comprenons par-là que cette bisannuelle semée il y a juste un an et consommée feuille à feuille cet hiver ne nous propose plus grand-chose à croquer ces temps-ci.

Mieux : elle se concentre sur la fabrication des graines, petites perles cachées dans les siliques, sorte de capsules hermétiques allongées, cadeau de ce chou au jardin et au jardinier qui bénéficient ainsi de semences produites en circuit court. Les pucerons n’y touchent pas, seules quelques punaises au rostre affûté arrivent parfois à percer ces fruits.

Le chou, finalement, il fait sa vie, à donner ce qu’il peut, et offre même un peu de sucre aux pucerons. Tout va bien.
Puis elles sont arrivées discrètes et même invisibles aux yeux des autres êtres du jardin : les aphidius.

Description de la scène. La minuscule guêpe parasitoïde repère son hôte, se positionne à ses côtés et le pique en injectant un œuf – un seul, dans son corps.
L’opération est renouvelée sur toute la fratrie, condamnée.
Il vit encore, le puceron, et va vivre quelque temps en portant en lui la cause de sa mort annoncée : l’œuf d’abord, bien au chaud et protégé, puis la larve qui va le grignoter tranquillement de l’intérieur en commençant par les organes non vitaux comme pour faire durer le supplice.

Peu de temps après cette mort, l’aphidius se transforme, toujours protégée, puis grignote l’enveloppe du cadavre pour s’en extraire et vivre au jardin sa vie de parasitoïde.
La dépouille du défunt ressemble à une petite boule percée, chapelet de cadavres observé sur les choux (photo).

Tout est mort, plus rien ne bouge, exit les pucerons : les insectes sont bien les premiers et les plus efficaces des insecticides !

Aujourd’hui au jardin : laisser grainer


Jardin en mouvement, jardin surprise, jardin qui se dessine. Parce qu’elles se déplacent, les plantes ! À dos de fourmi, élevées par le vent, sous les pattes d’un oiseau … les graines volent, tombent, s’accrochent, se transportent et trouvent de quoi germer à la faveur d’un coin de terre sombre et humide.


Ça se compte en jours ou en années. Au milieu des oignons apparaissent quelques blettes à couper. La coriandre s’élève, gracieuse, au-dessus d’une canopée d’alliacées. L’arroche magenta perce parmi les pommes de terre. La nigelle de Damas s’étend… partout ! Et si la sauge sclarée reste plus mesurée dans ses migrations, une fois bien ancrée, elle peut se montrer exubérante. Ici elle a choisi de se camper dans un passe-pied… nous passerons ailleurs !


Le jardinier chemine dans le temps avec ce jardin-là, celui qui déborde un peu, celui qui sort du rang. Parce que les plantes, allez les tenir bien droit à leur place ! Qui a dit que ces êtres ne connaissaient pas le mouvement ? Elles bougent ainsi, et donnent au jardin ce changement de paysage improvisé, lent mais certain.


C’est en laissant grainer fleurs et légumes qu’on s’offre ces apparitions soudaines, surprises des mois de printemps. Au passage, il faut bien reconnaître que ces semis spontanés donnent l’impression d’une parfaite réussite qui rend envieux le jardinier. Pourtant – et bien qu’elles poussent avec vigueur, nul ne connaît le nombre de semences disséminées. L’efficacité du semis sauvage est-elle toute relative ? Des millions de projets pour de maigres succès ?


Pour les jardiniers arrive le moment du choix : jungle potagère ou ordonnancement à la française ? Peut-être un peu des deux ? Pour moi, tout est dans la mesure : composer avec ce paysage spontané et, tout de même, organiser l’espace.
C’est ce moment-là que j’aime : décider de laisser, ou d’arracher, ou de transplanter. Un petit jeu de façonnage qui ne répond à aucune planification, qui s’inspire du moment et du jour.


Laisser grainer. Plutôt facile pour les annuelles, celles qui, rapides, ont décidé de tout boucler la même année : germination, croissance, floraison, fructification… et production de graines. Coquelicots, pavots et nigelle … arroche, laitue, coriandre et mâche. Pour les bisannuelles, il conviendra d’être un plus patient et de les laisser au jardin tout l’hiver. Cardes et persil vont monter en flèche au printemps de leur deuxième année et libérer leurs semences alentour.


Certaines germeront pour dessiner, sous l’influence des mouvements de terre, des animaux, des gestes involontaires ou mesurés du jardinier, une géographie nouvelle de notre petit espace jardiné.

Paillons, paillons, paillons !

Toute cette pluie ! 20 mm. Puis 25. Et celles d’avant ! Voilà que le sol, en ce début juin, est humide à souhait, bien arrosé par ces bienvenues pluies printanières. Joie du jardinier ! Tout devient vert, tout pousse.

Parce qu’il est l’heure pour les plantes de grandir, de produire de la matière, sous la chaleur de ces jours longs. C’est le temps de l’exubérance et du foisonnement.  Leur projet : fleurir, fructifier, se reproduire. Toute cette eau du ciel : gardons-la bien en réserve, dans le sol. Tellement précieuse en amont de l’été et des chaleurs à venir.

Paillons, compagnons ! Toute la matière organique morte qui couvre le sol limite l’évaporation, et maintien une vie microbienne bienfaitrice à la surface du sol vivant. Foin, paille, herbes, fanes et compagnies : au sol ! Aux vers ! Aux bactéries !

Le geste est simple et le résultat efficace : déposons nos dits déchets verts autour de nos protégées pour gagner beaucoup : temps de désherbage, voyages en déchèteries… et de l’eau pour les fruits, feuilles, fleurs, racines et tubercules. L’eau de juin, cet or du jardin.

Aujourd’hui au jardin : ni courge, ni courgette, ni potiron

… mais quand même cucurbitacées : voilà les courges musquées !

Continuons l’exploration de cette grande famille. Les Cucurbita moschata – autrement dénommées courges musquées donc, aux feuilles grandes non découpées et légèrement recourbées.  Elles sont recouvertes de poils souples et non épineux et sont dites coureuses. Très coureuse, même : c’est dire qu’elles ont besoin de place, qu’elles vont s’étendre de tout leur long, voire grimper ! Ce sont elles que l’on peut voir escalader grillages, grilles et autres tuteurs originaux que les jardiniers disposent avec astuce.
Plus exigeantes en chaleur que les courgettes ou potirons, elles ont l’épiderme beige à maturité et la chair orange. Chair sucrée au bon goût de noisette. Elles se conservent très bien l’hiver. A consommer jusqu’au printemps !

Mon tiercé gagnant ?

Les Butternuts : fruit de 2 à 3 kg, beige, allongé, renflé à la base, contenant très peu de graines. Chair orange, très parfumée au grain très fin.

La Longue de Nice : elle se fait passer pour une grande courgette (ce qui lui vaut de se laisser consommer jeune avant maturité), mais l’on ne s’y fait pas prendre !  Variété tardive qui produit de gros fruits allongés, en massue, vert clair puis ocre, jusqu’à 1 m de long, d’un poids de 3 à 10 kg à chair ferme, orange, sucrée et musquée.

La Sucrine du Berry aux fruits renflés du côté des graines beiges à maturité. Chair orange. Bonne conservation. Idéale pour les potages, veloutés ou gratin… un pur régal !

Toutes ces espèces s’hybrident entre elles. Si vous cultivez plusieurs courges musquées (ou si votre voisin en possède) et que vous conservez des graines pour re-semer, il est fort à parier que vous n’obtiendrez pas les résultats escomptés.

Nous en reparlerons, de la production des semences des cucurbitacées…

(photo prise en 2010 au Festival international des Jardins de Chaumont Sur Loire Domaine de Chaumont-sur-Loire – plusieurs espèces de cucurbitacées)